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Moi, Adèle, épouse Labiche | Monique Lancel

- Monique est l’Adèle du XXIème siècle ! - 8/10
Il fallait être une femme pour écrire ce texte très intéressant que Labiche aurait pu écrire dans la continuité de « Si jamais je te pince ». Pourquoi ? Par ce que ce texte est une certaine critique des femmes qui se sentent « femme de » avant d’être « femme pour elle-même ». Sous des badineries, Adèle montre son amour pour son mari, voire même sa subordination. La notoriété de son mari lui suffit même si elle regrette son manque de considération. Mais l’amour est le plus important et les femmes doivent faire fi de leur personne. Alors on badine. Et au fil du spectacle, on se rend compte que la critique émerge, qu’Adèle aimerait vivre pour elle-même. Elle ne supporte plus ce second rôle même si elle est, dit-elle, à l’origine de sa demande d’entrée à l’Académie Française. Mais comme la vieillesse est là, alors elle se repli sur elle-même et retrouve cette badinerie du début car le temps est passé et il est trop tard pour exister par soi-même.

Ce presque monologue d’1h10 est admirable de jeu car, ayant écrit le texte, Monique Lancel peut le vivre pleinement. Il s’agit de ses mots, de ses tournures d’esprit même si elle a cherché ce qu’aurait pu penser et dire Adèle. Les phrases sont des phrases de la vraie vie, pas des phrases bien construites (au sens de ce qu’on pourrait faire par écrit). Avec des interruptions, des retenues même si on sent que l’esprit du direct tente de sortir du texte dans l’élan de la dynamique du jeu. Je pardonne pleinement ces égarements car la sincérité est plus importante dans ce cadre qu’une diction parfaite du texte. C’est d’ailleurs le sien, si Monique souhaite le changer sur scène, pour improviser, alors pourquoi pas ?

Pour les spectateurs, il faut être un peu « moine trapiste » pour accepter ce monologue de femme sur un sujet de femme mais si on accepte le principe, c’est très intéressant de suivre le glissement de l’état d’esprit (estimé) d’Adèle pour finalement revenir à un amour plein et entier de son mari. Mari qui est très présent physiquement même si ses interventions se limitent à quelques répliques et à des rires.

Vous l’avez compris, j’ai aimé cette pièce difficile pour la comédienne et très enrichissant pour les spectateurs. La mise en scène, par le changement régulier de costumes notamment, qui, petit à petit, finit par donner une tenue de sortie un peu vieillotte, donne un certain mouvement suffisant pour accompagner le texte. Bravo à ce couple de petits vieux (affectueusement) !
Au Théâtre du Nord-Ouest jusqu’au 13 mars 2011

écrit le 22/09/2010

Une réponse à “Moi, Adèle, épouse Labiche | Monique Lancel”

  1. rachat de credit dit :

    Il semble que vous soyez un expert dans ce domaine, vos remarques sont tres interessantes, merci.

    - Daniel

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